Dans la plupart des TPE/PME, recruter un Responsable RSE n’est ni réaliste ni le meilleur levier de crédibilité.
En revanche, croire que la RSE est un “effet de mode” est une erreur coûteuse : les demandes viennent surtout des clients, des donneurs d’ordre et des financeurs.
Le vrai sujet, c’est de piloter : être capable de dire où vous en êtes, ce que vous faites, et le prouver (sans alourdir votre organisation).
Introduction
La RSE s’impose progressivement dans le quotidien des TPE et PME françaises. Appels d’offres, demandes clients, exigences de partenaires, attentes des salariés : les sollicitations se multiplient, souvent sans cadre clair ni méthode adaptée aux petites structures.
Face à cette pression, une question revient souvent chez les dirigeants : faut-il créer un poste de Responsable RSE pour être crédible ?
Pour beaucoup de TPE/PME, la réponse est non. En revanche, ne pas structurer et piloter sa RSE devient un vrai risque économique (perte d’opportunités, questionnaires impossibles à tenir, réponses incohérentes, stress et temps perdu).
Cet article sort du faux débat “effet de mode vs obligation”. Il explique pourquoi le poste est souvent inadapté aux petites structures et surtout, comment être crédible avec un pilotage simple, pragmatique et proportionné.
1. Une question légitime… mais souvent mal posée
Si vous vous posez la question d’un Responsable RSE, ce n’est généralement pas par idéologie. C’est souvent déclenché par un moment très concret :
- un appel d’offres avec des critères RSE,
- un questionnaire fournisseur à remplir “pour hier”,
- une demande de preuves (politique, indicateurs, actions, achats, RH),
- une discussion avec une banque, une assurance, un cabinet.
Derrière “Faut-il un Responsable RSE ?”, il y a en réalité d’autres questions, beaucoup plus opérationnelles :
- Est-ce qu’on attend de moi une démarche “comme les grands” ?
- Comment répondre vite, proprement, sans y passer des semaines ?
- Comment être crédible sans me créer un nouveau chantier permanent ?
Le problème n’est pas l’absence d’actions : beaucoup d'entreprises font déjà des choses utiles (ancrage local, bon sens RH, sobriété, relations clients, achats plus responsables).
Le problème, c’est que la RSE est encore trop souvent présentée sous une forme copiée-collée des grands groupes : reporting lourd, labels mal compris, démarches disproportionnées.
2. Recruter un Responsable RSE n'est pas toujours une solution
Soyons clairs : dans l’immense majorité des TPE/PME, recruter un Responsable RSE n’est ni réaliste ni pertinent.
Pourquoi ?
1) Un sujet de ressources.
Un profil RSE qualifié a un coût. Pour une petite entreprise, c’est un investissement lourd… sans garantie de retour immédiat.
2) Un sujet de “charge réelle”.
Dans une petite structure, la RSE justifie rarement un temps plein. Le risque est de créer un poste flou, sous-utilisé, ou cantonné à “faire des documents”.
3) Un sujet d’organisation.
Dans les grands groupes, le Responsable RSE existe parce qu’il y a des équipes transverses, des SI, des obligations de reporting, des relais internes. En TPE/PME, transposer ce modèle crée souvent un effet “silo” : la RSE devient un sujet à part, déconnecté du terrain.
Résultat : vous payez un poste… et vous gagnez parfois une complexité supplémentaire.
3. “Effet de mode” : une fausse bonne idée (et un vrai risque)
Dire “la RSE, ça va passer” peut sembler rassurant. Mais c’est une erreur stratégique, parce que le mouvement ne vient pas seulement de la communication : il vient des règles de marché.
Même lorsque les obligations européennes évoluent, les demandes continuent à descendre dans les chaînes de valeur. Exemple : l’UE a bien reporté une partie des échéances via un mécanisme “stop-the-clock” (décalage de deux ans pour certaines catégories), mais les grands donneurs d’ordre et financeurs, eux, continuent de demander des informations à leurs fournisseurs.
Et c’est précisément pour répondre à cette réalité qu’un cadre adapté aux PME a été poussé au niveau européen : le VSME, un standard volontaire destiné à aider les PME à répondre aux demandes de données ESG de manière standardisée.
👉 Autrement dit : vous n’êtes pas obligé de recruter.
Mais vous serez de plus en plus souvent obligé de répondre.
4. Le vrai sujet : la crédibilité
Dans 90 % des cas, un client, un donneur d’ordre ou une banque n’attend pas que vous ayez “un Responsable RSE”. Ils veulent surtout :
- une réponse structurée (pas improvisée),
- des éléments cohérents (pas contradictoires),
- quelques indicateurs simples,
- et surtout, des preuves.
La crédibilité RSE d’une TPE/PME repose moins sur “ce que vous annoncez” que sur votre capacité à démontrer :
- ce que vous faites déjà,
- comment vous le suivez,
- et comment vous progressez.
C’est là que le pilotage change tout : il transforme une posture subie (“on répond dans l’urgence”) en posture maîtrisée (“on a un socle prêt”).
5. Pourquoi le pilotage RSE est souvent le meilleur compromis en TPE/PME
Piloter la RSE, en TPE/PME, ne veut pas dire lancer une “grosse démarche”. Ça veut dire rendre votre RSE lisible et démontrable.
Le “minimum crédible” (proportionné et réaliste)
Si vous deviez viser un socle solide sans vous alourdir, il tient en 4 livrables simples :
1) Une page de positionnement RSE (claire et factuelle)
- vos priorités (2 à 5 sujets max),
- ce que vous faites déjà,
- ce que vous ne faites pas (et pourquoi),
- votre logique d’amélioration.
2) Un petit noyau d’indicateurs stables
Peu, mais suivis dans le temps (l’objectif est la cohérence, pas l’exhaustivité).
3) Un dossier de preuves
Factures, procédures, photos, attestations, chartes fournisseurs, relevés, etc. Ce dossier est souvent la meilleure “assurance anti-panique” quand une demande tombe.
4) Des réponses types
Deux ou trois réponses “prêtes” pour : appels d’offres / questionnaires fournisseurs.
Ça suffit généralement à être crédible. Le reste vient ensuite, progressivement.
6. La bonne nouvelle : un standard PME existe pour “arrêter de réinventer”
Ce qui manque le plus aux dirigeants de petites structures, ce n’est pas la bonne volonté : c’est un format reconnu et simple pour répondre.
Le VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs) a justement été développé à la demande de l’UE pour réduire le chaos des questionnaires multiples. Il a été élaboré par EFRAG puis recommandé par la Commission européenne en 2025 afin d’aider les PME à répondre plus facilement aux demandes des grandes entreprises et des institutions financières.
Ce que ça change pour une TPE/PME :
- vous n’avez plus besoin de “deviner” ce qu’il faut fournir : vous pouvez vous appuyer sur une trame reconnue ;
- le standard est conçu pour être proportionné et utilisable (il est modulaire) ;
- il vise à remplacer une partie des demandes non coordonnées.
Le VSME est structuré en deux modules (un socle “Basic” et un module “Comprehensive” plus avancé) et il est pensé pour rester pragmatique, notamment en évitant d’imposer une analyse de matérialité dans tous les cas.
Si vous devez retenir une idée : le pilotage RSE en PME devient beaucoup plus simple dès lors que vous avez un cadre stable pour répondre.
7. Dans quels cas un Responsable RSE devient pertinent ?
Il existe des exceptions. Un poste dédié peut devenir pertinent si :
- vous avez plusieurs sites, une organisation plus complexe,
- vous répondez très souvent à des appels d’offres exigeants,
- vous êtes dans un secteur fortement exposé (industrie, BTP, supply chain structurée),
- ou vous avez une trajectoire de croissance qui va rendre le sujet “continu”.
Mais même dans ces cas, la question utile n’est pas “faut-il un poste ?”
C’est plutôt : à partir de quand la charge justifie un temps plein et comment éviter le silo ?
Conclusion
Pour la majorité des TPE/PME, le débat “Responsable RSE : nécessité stratégique ou effet de mode ?” se résout ainsi :
- non, recruter n’est pas la clé de la crédibilité ;
- non, ce n’est pas un sujet qui “va passer” ;
- oui, un pilotage simple, proportionné et démontrable devient un avantage concurrentiel : vous répondez plus vite, plus proprement, et vous subissez moins.
Et surtout : la crédibilité RSE, en PME, n’est pas une posture. C’est une capacité à structurer, suivre et prouver.
Et Doddee, dans tout ça ?
Si votre difficulté, ce n’est pas “de faire de la RSE”, mais de la piloter sans y passer vos soirées, c’est exactement le problème que Doddee cherche à résoudre : structurer vos sujets prioritaires, centraliser vos actions et preuves, et vous aider à répondre clairement aux demandes externes (avec une approche enfin conçue pour les TPE et PME françaises).
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